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Newsletter mai - Nucléaire la CNC salue l’action du gouvernement belge

  • 27 mei
  • 3 minuten om te lezen











L’État belge amorce un tournant stratégique pour sécuriser son approvisionnement en électricité en misant sur le nucléaire. Une initiative saluée par la CNC, qui appelle à un accord ambitieux et durable.


L’État belge et le groupe Engie ont signé une lettre d’intention en vue d’entamer des négociations exclusives concernant le rachat, par l’État, de l’ensemble des activités nucléaires d’Engie en Belgique. Un protocole d’accord est attendu d’ici le 1er octobre 2026.


La CNC, engagée de longue date pour le maintien et le développement du nucléaire en Belgique, se félicite de cette initiative gouvernementale. Dans l’attente d’un accord, qu’elle espère positif, les opérations de démantèlement sont suspendues pendant toute la durée des négociations.


Un parc nucléaire sous tension


À ce jour, le parc nucléaire belge compte sept réacteurs. Deux d’entre eux ont été maintenus en activité pour une durée de dix ans, conformément à un accord conclu par le gouvernement précédent.


Cependant, la production nationale d’électricité, même complétée par des centrales à gaz et des sources renouvelables, ne suffit plus à couvrir la consommation. Cette situation contraint la Belgique à importer massivement de l’électricité, principalement d’origine nucléaire en provenance de France.


Un enjeu économique majeur


Les conséquences économiques de cette dépendance énergétique sont jugées préoccupantes. Le coût de l’électricité, fortement influencé par la volatilité des prix du gaz et les importations, constitue un handicap pour l’économie belge.


À l’inverse, la production d’électricité à partir de centrales nucléaires amorties permet de garantir un coût stable et relativement bas. Dans un contexte d’instabilité géopolitique, cet avantage est considéré comme crucial, tant pour l’industrie que pour les ménages.


Sans préjuger de l’issue des négociations entre Engie et l’État belge, la CNC souligne l’importance stratégique du parc nucléaire existant, ainsi que la valeur de l’expertise humaine au sein de la filière.


Prolonger la durée de vie des réacteurs

 

Limité par la loi de 2003 à une durée d’exploitation de 40 ans dans un cadre réglementaire prudent, les réacteurs nucléaires peuvent, selon de nombreux exploitants, fonctionner plus longtemps après remplacement éventuel  de composants majeurs et inspections approfondies pour se conformer aux normes actuelles de sûreté.


En Belgique, la loi impose une révision périodique de sûreté tous les dix ans, sous le contrôle de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) sans donner de durée limite d’exploitation.


Les réacteurs Doel 4 et Tihange 3, mis en service en 1985, ont ainsi été autorisés à fonctionner jusqu’en 2035, soit une durée totale de 50 ans comme l’ont déjà été les réacteurs de Tihange 1 et Doel ½).


Des standards internationaux en évolution


Dans plusieurs pays occidentaux, la durée d’exploitation des centrales nucléaires atteint désormais 60 ans, notamment en France, en Europe du Nord et aux États-Unis. Certains réacteurs américains sont même autorisés à fonctionner jusqu’à 80 ans.


Si la référence de 60 ans devient la norme, le parc nucléaire belge présente un potentiel de valorisation important, couvrant deux générations de mise en service :


  • 1975 : Doel 1, Doel 2, Tihange 1 (60 ans = 2035 ;80 ans = 2055)

  • 1982–1985 : Doel 3, Doel 4, Tihange 2, Tihange 3 (60 ans = 2045; 80 ans = 2065)


Un savoir-faire reconnu


La remise à niveau technique et sécuritaire des réacteurs actuellement à l’arrêt nécessiterait des évaluations approfondies. La Belgique dispose toutefois d’une expertise reconnue dans le domaine nucléaire et de la sûreté.


Le pays bénéficie d’un héritage solide, notamment avec la construction du premier réacteur de type PWR en Europe, le BR3, au Centre nucléaire de Mol CEN/SCK. Cette installation a contribué à la formation de nombreux ingénieurs et techniciens. De plus les travaux menés sur ce réacteur en collaboration avec le bureau d’études TRACTEBEL et le laboratoire LABORELEC ont permis d’obtenir une expertise internationale au niveau des connaissances sur les matériaux utilisés dans les réacteurs et sur leur vieillissement

 

Un choix stratégique pour l’avenir


Sans préjuger de l’issue des négociations entre l’État belge et Engie, la CNC considère que le maintien et le développement du nucléaire constituent un levier essentiel pour garantir une énergie décarbonée, stable et compétitive.


Pour l’organisation, la Belgique dispose de tous les atouts – industriels, techniques et humains – pour faire du nucléaire un pilier de sa stratégie énergétique future.

 
 
 
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